Miss.Tic : À la vie, à l’amor
27 juin 2024 @ 9 h 00 - 5 janvier 2025 @ 18 h 00
“Poétesse de la ville et artiste dans la cité, Miss.Tic est une pionnière de l’art urbain et du mouvement des pochoiristes français. Active dès le début des années 1980, elle n’a eu de cesse, durant quarante ans, de marteler les mêmes idées – pas d’idéaux / juste des idées hautes, écrit-elle.
C’est un véritable projet littéraire, plastique, sociétal et philosophique qu’elle inscrit sur nos murs à l’encre aérosol. Elle y exprime sa rage, ses désirs, son humour, sa soif de justice à travers une pratique protéiforme, au sein de laquelle la rue restera jusqu’au bout le lieu privilégié d’un mode d’expression, d’exposition et d’éducation populaire.
Intime et éminemment politique, son œuvre souffle un air de révolte. Disparue en mai 2022 à l’âge de 66 ans, Miss.Tic occupe une place centrale au sein d’une histoire de l’art en train de s’écrire, à laquelle cette première monographie et exposition posthume entend contribuer.
Quoi de plus éloquent alors que le Palais des Papes, pour celle qui n’eut de cesse de célébrer la puissance poétique des lieux, de prôner le populaire face à l’élite, de braver, transgresser l’ordre établi ? Une ultime provocation, peut-être, un dernier pied-de-nez à l’histoire et au pouvoir, dans un lieu de la puissance masculine, politique, religieuse et militaire devenu au fil des siècles symbole de culture, de spectacle et de célébration.”
Camille Lévy-Sarfati
L’artiste : Miss.Tic
De son vrai nom Radhia Aounallah, épouse Novat, Miss.Tic naît en 1956 à Paris. Poétesse et artiste plasticienne, elle est une figure incontournable de l’art urbain. Sur les murs et les toiles, elle exprime sa rage, ses désirs et une lutte constante pour la liberté.
Fille d’un travailleur immigré tunisien et d’une mère normande issue du milieu paysan, Miss.Tic passe son enfance dans le 18e arrondissement de Paris, puis dans un HLM d’Orly, en région parisienne. A l’âge de 10 ans, elle survit à un accident de voiture qui coûtera la vie à sa mère, son frère et sa grand-mère et la marquera à vie d’un handicap de la main droite.
A l’âge de 16 ans, peu après le décès de son père, Miss.Tic se fait la malle et intègre une troupe de théâtre d’improvisation, « Zéro de conduite », puis de théâtre de rue, « Kumulus ». Entre temps, elle s’évade deux ans sur la côte ouest des Etats-Unis où elle intègre le milieu punk, puis voyage longuement en Amérique centrale et en Asie du Sud-Est.
De retour à Paris, Miss.Tic emprunte son pseudonyme au personnage de la sorcière dans les aventures de Picsou et choisit le pochoir comme mode d’expression. La nuit, souvent solitaire et longtemps anonyme, l’artiste façonne sa légende dans la ville, au risque de se retrouver fréquemment en garde à vue – avant de faire définitivement le choix du légal en 1999.
Miss.Tic est décédée le 22 Mai 2022. Elle laisse derrière elle une œuvre populaire et au cœur d’une histoire de l’art en train de s’écrire qui, plus que jamais, fait écho aux secousses que traverse notre société
Ses œuvres ont été exposées dans de multiples expositions personnelles et collectives en France, en Espagne, en Italie et en Allemagne, et font l’objet de nombreuses publications. Miss.Tic apparaît dans plusieurs collections publiques, parmi lesquelles le Fonds municipal d’art contemporain de Paris, le Victoria and Albert Museum à Londres, le MUCEM à Marseille et le Musée Ingres de Montauban.