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Robert Couturier : La poésie des corps
22 juin 2025 @ 14 h 00 - 2 novembre 2025 @ 18 h 00

Le Donjon de Vez présente cet été la première grande rétrospective consacrée à Robert Couturier depuis 2005. Considéré comme l’un des sculpteurs les plus importants de l’après-guerre en France, aux côtés d’Alberto Giacometti ou Germaine Richier, Robert Couturier revient au premier plan avec une vingtaine de sculptures monumentales et grandeur nature, exposées dans les jardins et les salles du Donjon.
La vingtaine de sculptures de Robert Couturier (1905–2008) présentées au Donjon de Vez propose une rétrospective d’un artiste qui fut à la fois acteur et témoin d’un XXᵉ siècle traversé par les dernières avant-gardes et par de profonds bouleversements plastiques.
Pendant plus de soixante ans, dans le silence de son atelier parisien de la villa Seurat, Couturier a fait du corps humain — celui de la femme surtout — son matériau premier.
Formé au dessin et à la lithographie, il développe un langage sculptural qui naît dans le sillage d’Aristide Maillol, rencontré en 1928, et dont l’influence imprègne ses débuts. Le décès du maître en 1944 correspond à l’affranchissement nécessaire et définitif de Couturier, qui dès lors s’attache à faire de « l’anti-Maillol », en combinant les formes vides et pleines, le visible et l’invisible, l’espace du dedans et celui du dehors, dans la représentation de l’Homme et de la figure humaine, qu’il n’abandonnera jamais.
La transition vers un langage qui lui est propre s’opère lorsqu’il commence à suggérer les formes plutôt que les imposer au regard, tout en conservant un volume plein ; il parle alors de « forme ouverte », où l’air et la lumière circulent librement.
Prenant le contrepied d’une création qui procède généralement par ajout, Couturier fait le choix d’éliminer, retirer, évidér et creuser la matière pour qu’advienne la forme. Cette « anti-sculpture » incarne une tentative de métamorphose du corps : selon l’axe de vision, la perception qu’en a le regardeur mute.
Ce « dessinateur de la sculpture » appréhende frontalement l’espace réel et se joue de l’équilibre des forces en suggérant une forme entre présence et absence. Le regardeur pénètre immédiatement l’œuvre : il se spectateur y participe, en suivant les suggestions qu’elle propose.
L’œuvre de Robert Couturier s’inscrit dans la vie et la poésie du quotidien.
Cette exposition est réalisée avec le soutien de la Galerie Dina Vierny, représentante de la succession de l’artiste.



