La Collection
7 février 2026 @ 10 h 00 - 25 mai 2026 @ 18 h 00

« La présentation est sobre et soignée, sans recherche d’« effets » […]. Rien en somme d’un musée-clinique, mais une succession de salles paisibles […]. Le visiteur ne doit pas s’attendre à voir les grands intérieurs des débuts, les paysages fauves, les rutilantes natures mortes, mais plutôt imaginer qu’il a la chance de visiter l’atelier de Matisse. »
Rosamond Bernier dans la revue L’Œil, septembre 1963
Ces mots, extraits d’un article consacré à l’ouverture du musée, illustrent avec beaucoup d’à propos ce qui caractérise le musée et son unicité.
Fruit d’une histoire singulière, la collection du musée s’est constituée grâce à la générosité d’Henri Matisse (1869-1954) et de sa famille. En 1953, un an avant sa mort, l’artiste donne à la Ville de Nice un ensemble d’œuvres à l’origine du musée monographique actuel dont Océanie, la mer et Océanie, le ciel (1946). Amélie Matisse, son épouse, complète cet ensemble en 1960 par le legs de peintures, telles que le Nu au fauteuil (1936-1937), et de près d’une centaine de dessins. Les enfants de l’artiste ‒ Marguerite, Jean et Pierre ‒ ainsi que leurs héritiers perpétuent ce geste par le don de sculptures, gravures, livres illustrés, céramiques, gouaches découpées, comme l’ensemble des travaux préparatoires aux chasubles de la chapelle du Rosaire, à Vence. Ce fonds est également enrichi de nombreux objets personnels de l’artiste, véritables modèles et acteurs de son œuvre.
Issue des ateliers d’Henri Matisse, la collection du Musée Matisse Nice, publique, est l’une des plus importantes dans le monde car elle offre un panorama complet du travail de l’artiste. Elle souligne la diversité des médiums qu’il a employés et nous permet de saisir l’ampleur de ses expérimentations esthétiques, tout en accédant à la part intime que ces « Matisse de Matisse » révèlent.
Plus de soixante-dix ans après la mort d’Henri Matisse, il est frappant de constater à quel point son œuvre est source d’un inépuisable émerveillement. Extraordinairement ouverte et diversifiée, la production de l’artiste peut être lue de multiples manières. Cet œuvre qui s’adresse à chacun d’entre nous a fait entrer la figure de Matisse dans la culture populaire universelle.
Situé à quelques mètres de son ancien atelier du Régina, à Nice, là-même où l’artiste a créé pendant plus de trente ans de sa vie, le musée a pour mission d’explorer l’œuvre de Matisse et de continuer d’en approfondir la connaissance et la réception.
Depuis l’inauguration du musée, les collections n’ont cessé de s’enrichir. Un parcours chrono-thématique, déployé sur quatre niveaux, rend compte de leur diversité et met en lumière les acquisitions récentes, parmi lesquelles la Nature morte à la statuette africaine (1907), ou encore le dépôt, par le Centre national des arts plastiques, de quatre aquatintes de la fin des années 1940.
Une proposition d’accrochage d’Aymeric Jeudy



