Exposition ‘Récurrences’ de Lilie Pinot
27 juin 2026 @ 14 h 00 - 20 septembre 2026 @ 18 h 00

Le corpus d’images présenté à la Galerie du Philosophe est une réflexion sur les rémanences historiques des luttes sociales. Celui-ci interroge l’effacement de la stasis et la violence intrinsèque à la fondation de nos sociétés.
Rien ne commence ici. Rien ne s’achève. Depuis les grèves du CPE, je photographie différents moments de révolte du pays. En 2018, lorsque des barricades sont apparues sur l’avenue Charles Laffitte à Toulouse, j’ai commencé à m’interroger sur la persistance de ces gestes de lutte, sur les objets qui les accompagnent, ainsi que sur les symboles qui, au fil des révoltes et des insurrections, réapparaissent. Les barricades, les jets de pierres… autant de signes qui ressurgissent dans de nouvelle contestation. Comment nous utilisons et vivons avec ces traces du passé, et comment elles continuent de nous habiter ? En écoutant Ninon Grangé à la radio, évoquant son ouvrage Oublier la guerre civile ? une phrase a particulièrement retenu mon attention : « Le politique, que la tradition croit fonder sur la sécurité, la prospérité et la paix, repose en réalité sur un oubli, voire sur une ignorance volontaire. Il est assis sur des braises de stasis, toujours prêtes à se rallumer, mais que notre esprit n’est plus capable de comprendre ». La stasis, explique-t-elle, est une guerre interne à la Cité, une guerre barbare entre frères ennemis, le dépassement de toute mesure – un « mouvement archaïque » au cœur du politique.
