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Berzerk : Médéric Nébinger

12 février 2026 @ 0 h 00 - 28 février 2026 @ 0 h 00

Berzerk : Médéric Nébinger

J’ai rencontré Médéric Nébinger en mai 2016 pendant l’exposition de sa mère Elga Heinzen à la Galerie 24b., « Le Langage des plis », rétrospective de sa grande œuvre. Nous sommes tous deux nés en 1969 et imprégnés de nos cultures communes générationnelles; nous avons été frappés immédiatement d’une amitié qui s’est transformée en amitié de travail depuis lors.
Avant de se retrouver sur les lignes de son travail de plasticien, nous avions des ponts communs autour des différents mouvements de la musique électronique. Je connaissais les labels et compositions de Médéric sous l’alias Funky Derrick dans les années 1990/2000 et il fréquentait comme nombreux du mouvement à l’époque le club La Fabrique dans le quartier de Bastille à Paris et à Shibuya à Tokyo dont j’étais un des fondateurs.
L’évolution du travail de Médéric m’amène aujourd’hui à l’exposer à la Galerie 24b. sous un format nouveau d’exposition expérientielle et performative.
La question centrale est celle du rôle du peintre aujourd’hui, à l’heure où les machines produisent des images toujours plus spectaculaires. La réponse apportée par Médéric Nébinger est simple et radicale : le peintre est là pour montrer ce que l’on ne voit pas. Ce qui va trop vite pour l’œil, ce qui échappe à la perception immédiate. L’éclair en est l’exemple parfait. Il surgit dans une fulgurance telle qu’il nous est presque impossible de le saisir ; et, paradoxalement, nous sommes soulagés que l’image demeure fixe, qu’elle ne soit pas animée, afin de pouvoir enfin regarder l’invisible.

Peindre un éclair, c’est comme représenter l’ADN ou la structure d’un flocon de neige observé au microscope : rendre visible une réalité qui existe mais se dérobe au regard. L’éclair est fascinant parce qu’il exige des conditions extrêmes avant d’apparaître. Il est l’aboutissement d’une tension, d’une accumulation, d’un chaos atmosphérique. Puis, après son surgissement, vient le calme, la libération, une forme d’apaisement presque organique. Ce qui passionne le peintre, c’est précisément cet avant : la tempête, la charge, l’attente.

En peinture, l’éclair devient une synthèse. En un seul trait, tout se résout. Comme chez Victor Hugo et dans la tradition littéraire, l’éclair porte une puissance symbolique majeure, presque une signature. Le dessiner n’est pas chose aisée : l’œil humain, exercé, perçoit immédiatement l’erreur. Il faut les nuages chargés, le vent, la pluie, la violence du ciel. Et pourtant, après la déflagration, le calme plat s’impose. C’est cette bascule, entre tension extrême et apaisement total, qui constitue le cœur même de cette recherche picturale.

Emmanuel Bouvet

Détails

Début :
12 février 2026 @ 0 h 00
Fin :
28 février 2026 @ 0 h 00
Catégorie d’Évènement:

Lieu

Galerie 24b
24 bis rue Saint Roch, 75001 Paris 1er - France + Google Map