André Cervera : Carambolages
29 mars 2026 @ 10 h 00 - 7 juin 2026 @ 18 h 00

André Cervera a développé un art singulier autour d’une esthétique du carambolage où se percutent la multiplicité des références culturelles et artistiques, où l’hybridation est érigée en principe plastique, où la révérence aux grandes œuvres de l’Histoire de l’art le dispute à la remise en cause de toute hiérarchie artistique . La fragmentation et l’hétérogénéité aussi bien des techniques que des références plastiques et mémorielles trouvent leur résolution dans l’art du montage visuel, où la composition picturale adopte la logique d’un plan cinématographique . La peinture constitue pour lui une expérience existentielle à part entière . La mort est ainsi omniprésente dans son œuvre, mais l’appétit de vivre l’irrigue tout autant . Une énergie ambivalente met ainsi ses œuvres en tension, vient lutter contre l’effacement et l’oubli. Le grotesque et l’expressionnisme sont autant de tentatives d’amadouer l’angoisse que recèlent ses œuvres. L’autofiction échappe à toute logique narcissique et fait crisser les forces sociales, la mémoire collective et les souvenirs personnels . Enfin, peintre du « quotidien extraordinaire », André Cervera nous propose une traversée entre réel et imaginaire, entre visible et invisible . Ses peintures sont nourries autant par son expérience vécue que par ses projections imaginaires. Les masques mettent en évidence comment les archétypes sociaux, les forces pulsionnelles viennent troubler l’identité ou viennent la révéler dans sa vérité complexe et mutable . La fascination de l’artiste pour le chamanisme ou la magie tend à faire de la peinture un rituel dont on ne sait pas s’il cherche l’intercession, la conjuration ou la conciliation des forces qui nous dépassent, s’il peut réparer la morsure du temps


